Mal de mère #FeteDesMeres

La fête des mères a toujours eu pour moi une consonance bien particulière, ayant mon anniversaire autour de cette date, il a longtemps été célébré en même temps que cette occasion.

De quoi remuer le couteau dans la plaie pour une infertile en mal de mère aussi je trouvais souvent un prétexte pour m’échapper lors de ce jour fatidique. Depuis le temps a passé et l’éloignement géographique fait qu’aujourd’hui je réinvente un nouveau calendrier avec mes proches : Noël en février, fête des mères en juillet…

Il était important pour moi de me dissocier de cette fête qui a été longtemps une vraie souffrance.

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, le régime de Vichy n’est pas à l’origine de cette fête en France. La fête des mères est une importation américaine. En 1908, une certaine Anna Jarvis organise une fête dans son église méthodiste pour célébrer la mémoire de sa mère, morte trois ans plus tôt, et fêter toutes les autres mères. Lors de la fête qu’elle organise, des œillets sont distribués, car sa mère les aimait : ils deviendront une part intégrante de la célébration de la fête des mères dans le monde entier.

Après sa fête, elle part en campagne pour que soit organisée une “journée des mères” nationale. Et en 1914, le Congrès américain décide de faire du second dimanche de mai le “jour de la mère”, Mother’s Day.

En France, la campagne d’Anna Jarvis trouve un écho, surtout après la guerre de 1914-1918. On commence à célébrer, dans certaines villes, une « journée des mères » et particulièrement des mères de familles nombreuses. Il s’agissait alors de repeupler les pays décimés par les guerres. Le 16 juin 1918, nait ainsi la première grande fête des mères.

Naissance de la journée des mères de famille nombreuse

Dès 1941, le maréchal Pétain en fait une célébration quasi-liturgique, la mère étant mise sur un piédestal.

« Mamans, la femme coquette, sans enfants n’a pas de place dans la cité, c’est une inutile. La mère de famille y a son rôle parce qu’elle est compétente, c’est sur leurs genoux que se forme ce qu’il y a de plus excellent dans le monde, un honnête homme ».

Des affiches de propagand pour la fête des mères sous Vichy

En 1950, la politique nataliste est toujours de rigueur ainsi la loi du 24 mai indique que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d’une journée consacrée à la célébration de la Fête des mères ». Elle fixe la date au quatrième dimanche de mai, excepté si la Pentecôte tombe le même jour. Dans ce cas, la Fête des mères a lieu le premier dimanche de juin.

Rapidement, la Fête des mères est vue par les commerçants comme une opportunité à ne pas manquer. Et il est certain que cela avait le don de m’agacer de recevoir une fleur quand j’allais chez mon boucher. Il est parfois bien difficile de se situer en tant que femme dans notre société qui a encore tendance aujourd’hui à résumer la féminité à la maternité.

Cette fête des mères renvoie chaque femme à son histoire personnelle et peut-être vécue de manière blessante qu’on veuille ou non des enfants.

En tant que mère sans enfant, je suis toujours prête à chasser le spleen mais aujourd’hui je ne suis plus conditionnée par mes règles.

Mon inconscient ne peut plus me jouer des tours comme il le faisait à chaque retard de cycle et je peux enfin faire taire ce fameux : Et si…

Cette fête des mères appartient peut-être au passé à celle que j’étais, celle qui a tout essayé ou presque pour avoir cet enfant. Ce n’est pas pour autant que cette journée en est moins simple, la plaie qui tente de cicatriser tant bien que mal reste toujours ouverte, je peux à la fois ressentir l’ambivalence d’une grande tristesse et l’apaisement d’une vie possible sans enfant.

Aussi, je vous conseillerai en cette journée bien particulière de prendre bien soin de vous, en vous octroyant le droit d’être au plus près de vos besoins que ce soit autour d’un bon film, d’une musique apaisante, d’un bon livre. Trouver ce qui vous sera le plus bénéfique.

De mon côté, je vais me ressourcer sur mon tapis de yoga et me baigner dans la lumière de l’atelier.

L’occasion de pouvoir prendre du recul sur tout ce chemin parcouru et de pouvoir apprécier où cette quête m’aura finalement mené.

Une pensée toute particulière à toutes les mères sans enfant et à tous les enfants sans mère en ce jour.

13 commentaires sur “Mal de mère #FeteDesMeres

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  1. Merci pour cet article Artemise ! J’allais dire la même chose que September, il est magnifique ton atelier… un vrai lieu pour se ressourcer, me semble-t-il 🙂
    Et c’est une belle idée de réinventer les fêtes qui t’on fait souffrir en les décalant dans le temps. Vive la créativité ! Super aussi ton jeu de mots, mal de mère, je n’y aurais jamais pensé.
    Aujourd’hui, j’ai aussi fait une chose qui me ressource, une randonnée dans la forêt. Bises à toi !

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    1. merci Léa pour ton retour sur l’atelier, heureuse de savoir que tu y perçois un vrai lieu pour se ressourcer comme il a été créé dans cet objectif.
      Le mal de mère m’est venue il y a 5 ans quand pour mon anniversaire était le jour de la fête des mères nous sommes partis en montgolfière à Bruges, j’avais besoin de prendre de la hauteur !
      Je te comprends pour la randonnée c’est aussi un moyen de se ressourcer et d’être en harmonie avec les éléments. Bises 😘

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  2. On n’imagine pas, quand on n’est pas concernée, à quel point ce matraquage publicitaire peut être éprouvant. Comme s’il était évident que tout le monde avait une maman et comme si toutes les femmes avaient un enfant. Ben non. Une pensée à toutes celles qui aimeraient fuir cette journée 💕💕💕

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    1. La majorité des gens ne s’imagine pas tout ce que peut représenter cette fête des mères, c’est un sujet tabou de parler de ces deuils visibles et invisibles. merci pour ta pensée Lily 💓

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  3. que la photo de ton atelier est belle ! ce doit être magnifique. merci pour cet article qui fait encore réfléchir (ceci dit je n’avais jamais cessé mon « boycott » de cette « fête »)

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    1. Merci Miliette pour ton retour sur l’atelier, j’espère que tu vas venir prochainement pour constater par toi-même. Bien contente que cet article invite à la réflexion, ta prose me manque !

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  4. Merci pour cet article bien intéressant ! Je me sens toujours gênée quand je prépare le cadeau de la fête des mères avec mes élèves. D’un côté j’aimerais ne pas participer à cette glorification de la maternité mais de l’autre mes petits CP seraient tellement déçus si je ne leur faisais pas faire un petit bricolage…

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    1. je comprends au début ça me faisait un pincement puis à force j’apprends à distancier ma vie personnelle et professionnelle quand je suis avec des élèves. C’est important aussi de faire quelque chose qui valorisent ses élèves 😙

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