Comment garder l’esprit de noël quand le cœur n’y est plus ?

Noël est et reste une période difficile malgré le temps qui passe.

Depuis de nombreuses années, je m’interroge à savoir comment survivre à cette folie ambiante quand la magie n’y est plus et que tout est centré autour des enfants et des cadeaux.

Où est donc passé l’esprit de Noël avec cette surenchère à l’euphorie, la consommation, la course aux cadeaux ?

Martyne Perrot, socio-anthropologue et auteure de l’ouvrage « Le cadeau de Noël. Histoire d’une invention » (éditions Autrement, 2013) apporte son éclairage :

L’origine de « l’esprit de Noël » est attribuée à Charles Dickens, et à son célèbre « Conte de Noël » (« Christmas Carol ») publié le 17 décembre 1843, qui sera un « best-seller » et dont les lectures publiques attireront des foules enthousiastes à Londres, Paris ou encore Boston. Dans ce texte, l’esprit de Noël est un mélange de charité, de bonheur familial, d’harmonie sociale, de solidarité… Et cette imagerie très victorienne (1850) correspond à cette époque où la bourgeoisie naissante s’est appropriée cet événement, en généralisant les veillées du 24 décembre près du sapin et en échangeant des cadeaux entre les membres de la famille, dont cette fête célèbre les liens annuellement en réunissant les générations autour de l’enfant.
Le père Noël, figure tardive et syncrétique, liée à Saint Nicolas, au Père Noël allemand et à Santa Claus, finira d’ailleurs par récompenser tous les enfants sans conditions.

Néanmoins, la manière dont on adhère (ou non) à l’esprit de Noël, dont on le ressent ou le rejette, dépend donc également de la qualité de nos relations familiales. Les mauvais souvenirs d’enfance ne donnent pas souvent envie de célébrer ces liens dans la sérénité. Un autre fait participe à freiner l’enthousiasme des fêtes de fin d’année. Aujourd’hui est majoritairement diffusée, surtout à travers les médias, une sorte d’injonction à adhérer à « l’esprit de Noël ». Ainsi, les gens seuls, se forcent parfois à célébrer l’événement. Or, la solitude à Noël peut être extrêmement dure à vivre. En ce sens, cette fête met en lumière au, sens propre et figuré, l’état de notre société (de notre famille, du rapport aux enfants, au don…).

Mais cette injonction est aussi, hélas, celle de consommer coûte que coûte, que relaie activement le commerce. Il ne faut pas oublier que les grands magasins ont accompagné, dès leur création à la fin du XIXe siècle, l’essor de la fête de Noël. Et ont participé par là même sans doute également au dévoiement de « l’esprit » qu’elle véhiculait.

L’esprit de Noël a perdu son vrai sens au cours des siècles avec la société de consommation. Il est parfois aussi bien difficile de rompre avec les traditions familiales où pour ne pas faire de peine on s’oblige à demeurer dans un contexte ritualisé et normatif qui nous empêche de pouvoir être nous-même.

Il n’est pas simple de « se réapproprier cette fête pour en faire ce que l’on veut et non pas ce que les autres voudraient qu’elle soit ».

Dans ces conditions comment survivre aux fêtes de fin d’année lorsqu’on est en deuil et trouver son propre rituel ?

Voici quelques pistes que j’ai pu explorer au cours de ces dernières années où je tente de m’inventer de nouveaux rituels et de casser les codes pour moins souffrir pendant cette période.

Fêter Noël en couple

C’est la solution la plus facile si vous êtes en couple, à condition que votre partenaire soit à peu près dans les mêmes dispositions familiales que vous.

J’ai pu tester en 2012 au moment du deuil de ma grossesse et ce fut un Noël très douloureux et culpabilisant. J’étais au plus mal avec la perte du bébé, j’étais encore en état de choc et n’avais pas le cœur à festoyer. Mon mari, ne voulant pas me laisser seule, est resté avec moi mais j’ai bien senti que sa famille lui manquait.

Le dilemme de Noël

Fêter Noël en solo

J’ai pu tester à 2 reprises et passer Noël seule à été pour moi synonyme de liberté absolue sans contrainte aucune : ni organisation, ni pression, ni obligations. Ce ne fut cependant pas facile car en m’écoutant j’ai dû accepter aussi que mes proches puissent se sentir blessés par mon choix de rester seule le jour de Noël.

Fêter Noël en décalage

Fêter avant le jour J dans ma belle-famille et après dans ma famille.

Fêter Noël à l’hôpital

Ce fut ma parade à plusieurs reprises de choisir une hospitalisation autour de cette date pour éviter de fêter Noël.

Fêter Noël à l’étranger

Cette année après avoir vécu une année douloureuse physiquement et émotionnellement, cela m’a paru une évidence qu’il fallait que je prenne le large. J’ai besoin de repos loin du stress du choix des cadeaux et de l’organisation des festivités.

Et contre toute attente, mon mari partage mon ressenti donc cette année ce sera un retour aux sources pour nous 2 où l’on pourra peut-être retrouver notre part de rêve.

Aurora Borealis @ Aberdeen South breakwaters.jpg

Parfois certains choix ne sont pas toujours possibles lorsqu’on a des obligations familiales, cela demande alors des aménagements pour essayer d’écouter son ressenti.

J’ai bien conscience que les gens ne sont pas éternels et être auprès des vivants est une chance qu’il faut également mesurer donc si vous relevez le défi de célébrer Noël en famille n’hésitez pas à consulter mon guide de survie !

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22 commentaires sur “Comment garder l’esprit de noël quand le cœur n’y est plus ?

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  1. Merci pour ton article ! Partir à l’étranger me tente aussi… je vous souhaite un très beau séjour en Ecosse. J’espère que vous verrez des aurores boréales et vous laisserez gagner par les châteaux et les impressionnants paysages battus par les vents ! ❤

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Léa. J’espère aussi pour les aurores boréales autrement le grand air et cet accent que j’aime tant autour d’une bonne bière me satisferont. L’année prochaine si je pars en Allemagne je passe te voir 😍

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      1. Je suis d’accord avec toi pour le grand air, l’accent écossais – j’avoue quand même que je ne comprends pas toujours tout 😉 – et la bière 🙂
        Et bien sûr, si tu passes en Allemagne, fais-moi signe, ce sera avec grand plaisir !!

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  2. Et bien l’esprit de noël, quand le coeur n’y est plus….vaste sujet…
    J’ai toujours passé noël avec mes parents et ma famille maternelle, ce sont des souvenirs gardés au chaud.
    A partir de l’adolescence ça c’est dégradé, avec le décès de mon grand-père, assez jeune, 63 ans. Ma grand-mère a tenu le cap malgré tout, et elle a continué à nous recevoir pour Noël, bien que son coeur à elle n’y soit plus vraiment.
    De 8 à table, nous sommes passés à 7, puis 6….quand il en manque un à table, c’est qu’il est parti pour d’autres cieux…
    Aujourd’hui nous ne sommes plus que 3, ma mère mon frère et moi.
    Mon père nous a quitté brutalement voici deux ans. Ma mère avait changé la couleur du sapin cette année-là, mais nous avons tout de même réveillonné.
    Ma mère continue de faire une petite déco, et nous passerons encore cette année le réveillon ensemble.
    Rien de mercantile, pas de messe de minuit non plus. On se fait beau, on ouvre du champagne. On pense très fort aux absents.
    Moi en tout cas, je profite de cette parenthèse aussi fort que je le peux, car on ne sait jamais s’il y aura une prochaine fois.
    Oui, je crois que l’esprit de Noël, avec ou sans coeur, c’est quelque chose qui te transcende, où que tu sois, quoi que tu fasses ce soir là.

    Aimé par 2 personnes

  3. C’est marrant moi j’ai plus de mal avec le nouvel an qu’avec noël. Ton article pourrait se transposer je rêve d’un jour de l’an en amoureux à l’étranger mais ça se planifie et en pma que peut-on planifier…?

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    1. A l’époque des FIV, le centre était fermé à cette période donc cela nous a jamais posé de souci de partir à cette période. Et le jour de l’an me fait moins mal aussi car être à 2 est une chance que je mesure chaque jour surtout après toutes ces années d’épreuves. Essaye de te préserver et de planifier un voyage surtout si tu en ressens le besoin cela est prioritaire avec la PMA. Ayant passé plus de 10 ans la tête dans le guidon à cumuler les traitements, l’oxygène des voyages a été primordial pour nous retrouver. 😘

      Aimé par 1 personne

  4. Fêter un Noël avec un clochard en l’invitant chez soi est une assez bonne solution pour ceux qui n’y croient plus et veulent y croire. Pour ceux qui s’en foutent… considérer ce jour comme un autre et ouvrir une boîte de cassoulet.

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