THS or not après annexectomie : quel risque choisir avec une ménopause brutale #endometriose

C’est officiel, je suis définitivement entrée dans la « ménopause » malgré 1 bout d’ovaire restant qui comme je le présumais n’est aujourd’hui plus fonctionnel.

Les résultats sanguins sont sans appel après une 2nde prise de sang à 1 mois d’intervalle, la dégringolade hormonale ne permet plus de douter : la FSH est bien élevée et le taux d’œstradiol est en chute libre.

A une époque j’imaginais que d’être ménopausée signerait la fin de mes soucis avec l’endométriose mais sans penser que ce serait cette dernière qui me forcerait à être en ménopause brutale avec des risques importants pour ma santé.

Les femmes qui subissent une ovariectomie avant la ménopause auraient un risque accru de développer un parkinsonisme ainsi qu’un déclin cognitif ou une démence.

« Le manque d’hormone est bien plus important après une ovariectomie qu’après la ménopause naturelle, car à la ménopause, l’ovaire continue à fabriquer des hormones, qui ont une activité. Après une ovariectomie, les tissus souffrent de l’absence brutale des hormones féminines, qui ont une activité sur leur élasticité, mais aussi sur l’équilibre cellulaire. Par conséquent, un traitement de substitution est indispensable après une ovariectomie chez une femme jeune (moins de 55 ans) et devrait être poursuivi au moins jusqu’à cet âge, en l’absence de facteurs de risques. De 50 ans à 60 ans, le traitement substitutif peut sûrement être diminué progressivement jusqu’à une dose minime qui permet à la femme de se sentir bien. Après 60 ans, il n’est pas prouvé qu’il sert à quelque chose. »  Martin Winckler

Il est donc vivement recommandé de prendre un traitement comme je vous l’expliquais ici mais dans le cas d’une endométriose cela est fortement déconseillé :

Le traitement hormonal substitutif (THS), qui est proposé aux femmes pour remédier aux conséquences induites par la ménopause, n’est le plus souvent pas possible pour les femmes qui souffrent d’une endométriose sévère ayant nécessité une hystérectomie totale avec annexectomie sans risquer une récidive.

Décidément rien n’est simple avec cette maladie !

Prendre un THS traitement hormonal substitutif me permettrait pourtant de pouvoir régler les désagréments de la ménopause que je subis depuis 3 mois de façon de plus en plus intense : bouffées de chaleur, vertiges, insomnies qui ne sont pas sans danger avec les suites de l’opération. Cependant plusieurs grandes études épidémiologiques ont montré que les femmes traitées par ces hormones présentaient un risque modé­rément supérieur de cancer mammaire par rapport aux femmes non traitées.

Comment faire son choix dans ce cas ?

Quel mal dois-je privilégier : le développement d’un cancer du sein plutôt que d’une ostéoporose et une récidive de la maladie ?

Beaucoup d’études se contredisent mais il est certain que si la ménopause est brutale et trop tôt, la privation d’œstrogènes va être très longue et aboutira obligatoirement à une perte osseuse importante et à un risque cardio-vasculaire accru.

Dans ce cas, il semble nécessaire d’administrer des hormones substitutives jusqu’à l’âge normal de la ménopause (environ 52 ans). Ce traitement consistera à remplacer une activité ovarienne qui aurait dû persister (alors que chez les patientes normalement ménopausées, on prolonge l’exposition des tissus aux œstro­gènes). 

Il est important de prendre en compte dans la balance la part des bénéfices et des risques, cela fait déjà trop longtemps que je ne récupère plus avec les symptômes de la ménopause, la fatigue s’accumule et ne fait que retarder la cicatrisation des lésions et les douleurs ne peuvent donc s’estomper.

J’ai donc commencé le traitement, j’essaye de relativiser sur les risques encourus avec les bénéfices que pourront apporter les œstrogènes dont je suis en totale carence associés à l’utrogestan que je dois également prendre, de quoi raviver le couteau dans la plaie étant l’hormone utilisée pendant les tentatives pour favoriser la grossesse.

Chez les femmes hystérectomisées, il n’est pas recommandé d’associer un progestatif sauf en cas d’antécédent d’endométriose.

Je ne vous cache pas que je n’ai pas encore pu voir les bénéfices de mon opération mais qu’il me tarde de les découvrir d’autant que je réalise que je risque d’être sous traitement pendant encore un certain nombre d’années.

J’espérais que cette opération me permettrait enfin de me libérer de la maladie et de me désintoxiquer des hormones que j’assimile depuis plus de 20 ans entre les traitements pour la PMA et l’endométriose mais finalement rien ne se passe jamais comme on l’imagine.

22 commentaires sur “THS or not après annexectomie : quel risque choisir avec une ménopause brutale #endometriose

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  1. Et ce sont des choses dont on t’avait parlé avant, avant l’opération ? Utrogestan en plus niveau logistique c’est un peu lourd… Je sais que l’essentiel n’est pas là, la santé en priorité.

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      1. Une de mes amies est menauposée naturellement depuis ses 30 ans, je vais lui demander ce qu’elle prend mais elle n’est sûrement pas au courant de toutes ses conséquences. Niveau pratico pratique il me semble qu’au lieu des ovules elle avait l’équivalent en creme

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      2. D’après ce que j’ai lu je ne crois pas que ce soit pareil quand il s’agit d’une ménopause naturelle et d’une ménopause brutale provoquée par ovariectomie mais merci pour ton soutien.

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  2. Comme tu le dis n’est n’est jamais simple… Du coup, tu es toujours suivie gynécologiquement parlant ? Les médecins arrivent à t’aiguiller pour l’après ? Mes pensées Artemise… Bises

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    1. Pour l’instant je suis suivie par ma gynécologue de ville mais elle espère que le centre anti-douleur pourra m’aiguiller même si j’ai rendez-vous pas avant fin décembre donc en attendant je prends mon mal en patience. Merci pour tes pensées Annmy 😘

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  3. C’est compliqué de faire ce calcul bénéfices/risques. Je pense que tu as fait ton choix en concertation avec les spécialistes. Avec ce traitement, tu vas continuer à être suivie, notamment en ce qui concerne le risque de cancer du sein je suppose.
    Quand cette question s’est posée avant mon opération, il était clair pour moi que je ferai ce traitement substitutif, même si ça représentait des risques pour l’endométriose.
    J’espère que ça va t’aider à rétablir un meilleur état de santé, que tu puisses te remettre de ton opération sans avoir en plus les inconvénients de la ménopause brutale.
    Bisous

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    1. C’est ma gynécologue qui m’a suggéré de le prendre dès l’été mais j’ai retardé car j’espérais ne pas y avoir besoin et réussir à supporter la chute hormonale, je lui ai demandé de refaire une prise de sang en octobre car je voulais vraiment être sûre que je n’avais pas d’autres choix. Cela m’a laissé le temps de me renseigner sur le sujet, j’espère que les spécialistes de décembre pourront aussi m’aiguiller. J’ai fait une mammographie l’année dernière donc j’en referai une sûrement dans pas trop longtemps pour vérifier. Bises

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  4. Ça ne s’arrête donc jamais ? Je prends également un médicament qui augmente le risque de cancer du sein, notamment après 10 ans d’utilisation, quand j’en ai parlé au gynécologue, il m’a dit que je n’avais pas d’autre choix et que du point de vue des bénéfice/risque c’était un risque à prendre. Je ne préfère ne pas y penser, pourtant mon mari me demande régulièrement quand je l’arrêterai. Et pourtant si ça arrivait (le cancer) je le vivrait très mal.
    Pour avoir vécu, un temps, les effets d’une ménopause, notamment les nuits décousues par les bouffées de chaleur, je comprends.
    Malgré tout difficile de prendre de telles décisions.
    Bon courage

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    1. Entre tous les traitements PMA et endométriose que j’ai pris, je crois que c’était déjà un facteur à risque, j’essaye de ne pas y penser sachant que dans ma famille le cancer s’est déjà invité du côté oncles et tante donc je vais être vigilante pour être surveillée mais je ne pouvais plus continuer ainsi. Les bouffées entraînaient trop de conséquences pour ma santé. Bises

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  5. C’est tellement difficile de devoir choisir entre bénéfices/risques…
    J’ai refusé le traitement hormonal, je me tape les bouffées de chaleur depuis 3 ans, je suis à la limite de l’ostéoporose mais les risques si traitement sont trop élevés surtout avec mes antécédents.
    Tu vas être suivi de près en ce qui concerne les risques, si cela peut te permettre de récupérer.
    Rien n’est définitif ? en fonction ils pourront peut-être réévaluer la prise du traitement plus tard ?
    J’espère que tu vas vite voir quelques bénéfices et aller mieux…
    Gros Bisous

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    1. J’ai forcément pensé à toi en voyant les contre-indications et tu trouveras d’ailleurs sur ce site quelques alternatives : https://medecine.savoir.fr/le-ths-et-les-risques-de-cancer-du-sein/
      Je pensais commencer par des plantes mais finalement j’ai craqué, je mesure aussi la chance que j’ai de pouvoir bénéficier de ce traitement qui va peut-être me permettre de récupérer. Et comme tu le dis si justement cela peut-être réévalué et je vais être vigilante pour être surveillée.
      Merci, plein de douces pensées ❤

      Aimé par 2 personnes

  6. Chère Artemise, quelle décision difficile ! La lecture de ton article me confirme que nos connaissances des mécanismes du corps sont bien modestes et que la médecine a encore beaucoup de progrès à faire pour soulager la douleur des patients… Je pense qu’à ta place, j’aurais pris la même décision que toi. Les risques de cancer et de récidive sont statistiques, alors que tu vis les effets de la ménopause brutale quotidiennement.
    Mais je comprends que cela soit difficile de continuer à prendre des hormones alors que tu pensais avoir cela derrière toi après l’opération. Ce qui me semble incompréhensible, c’est que les médecins ne semblent pas t’avoir prévenue que la période post-opération serait aussi difficile ? Et qu’ils semblent te demander de prendre cette décision toi-même, alors qu’ils pourraient au moins te donner leur avis sur ce qu’ils jugent être la solution la plus acceptable ? Leur as-tu parlé de tes doutes sur ces risques de cancer ?
    Je pense bien à toi ❤
    Léa

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    1. J’ai été assez surprise aussi de n’avoir aucun accompagnement spécifique après une telle opération mais pour le corps médical une hysterectomie est une opération courante, il ne se pose pas la question de l’après dans le cas de complication c’est pour cela que ma gynécologue m’oriente vers un centre spécialisé pour la douleur afin que je sois prise en charge. Je me sens en effet un peu livrée à moi même pour le traitement ce n’est que la gynécologue qui m’en a parlé car je pensais recourir à des solutions alternatives mais avec toutes les complications j’ai pris le temps de me renseigner et c’est vitale pour moi pour le moment de m’y contraindre.
      Ça rejoint finalement mon vécu en PMA on devient son propre médecin tout seul après tant d’années d’errance et d’échecs, c’est nous qui avons décidé d’arrêter la PMA donc je teste le traitement mais dès que je trouve une solution alternative efficace et sans risque j’arrêterai. J’ai bien peur que cela reflète encore une fois l’indifférence du corps medical devant une maladie qui touche que les femmes !
      Merci pour tes pensées 😚

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      1. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que le retard dans le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose est sûrement en partie dû au fait qu’il s’agit d’une maladie qui concerne les femmes ! Et je te rejoins aussi sur le fait qu’en PMA on devient expert en biologie pour faire face à un corps médical qui prend rarement le temps de donner des explications et de nous guider dans des décisions pas faciles à prendre… J’espère que tu arriveras à trouver à terme des alternatives aux hormones. Bises !

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  7. J’imagine que cela a été difficile de prendre cette décision. L’essentiel est que tu souffres moins et que tu sois suivie. Tu me diras que cela ne me regarde pas mais as-tu pensé à voir un naturopathe ou acupuncteur ?

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    1. Il faut en fait prendre en compte la balance des bénéfices et risques quel mal choisir entre un risque de cancer du sein et l’ostéoporose et la dégénérescence des cellules. L’urgence étant de récupérer de l’opération, j’ai opté pour le traitement hormonal que j’essaye de diminuer en dose mais une ménopause brutale est totalement dangereuse et je le vois déjà au niveau articulaire. L’acupuncteur et naturopathe viendront en 2nd temps comme je dois en plus gérer d’autres séquelles liées à la maladie et à l’opération avec un traitement de fond pour les douleurs neuropathiques. Bref c’est loin d’être simple !

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